Un vieil homme poursuit sa voiture sur les derniers kilomètres de sa vie, la nuit. Une détonation s'ensuit, des cris stridents de boîtes de conserve éventrées et de verres qui s'entrechoquent. La voiture s'arrête, mais dans l'esprit de l'homme, les pensées continuent de voler comme des papillons de nuit vers une flamme. Le corps en lambeaux et l'esprit fissuré, il contemple sa vie fissurée.

L'été indien, et pourtant toutes ces couleurs sont restées là, dans des couleurs non raffinées. En effet, les automnes sont de plus en plus chauds, les hivers comme dans les vieux tableaux n'existent plus, les fleurs ne se fanent plus et les gens restent plus longtemps, comme si la vie était une fête où personne ne veut rentrer chez soi et où tout le monde préfère s'attarder sans fin, même après les feux d'artifice. Comment cela est-il possible ?

De NDEJeroen Brouwers

NDE (expérience de mort imminente) est un voyage musical et cinématographique sur un tout nouveau texte de Jeroen Brouwers.

Crédits

texte
Jeroen Brouwers
musique
Chiens errants
direction
Judith Vindevogel
jeu
François Beukelaers
batterie, électronique et ordinateur portable
Frederick Meulyzer
guitare, violoncelle et ordinateur portable
Koenraad Ecker
cinématique
Karen Dick & Diederick Nuyttens
scénographie
Stef Depover
costumes
Ann Weckx
conception et ingénierie de l'éclairage
Rik Helsen
aide à la production
Olivier Janssens
production
WALPURGIS
photo's
Koen Broos
avec l'aimable autorisation de
L'équipe de C-mine Genk, Josse De Pauw, Eric Thielemans, Marianne Van Kerkhoven & Guy Van den Bril

Presse

Commentaires

Entre la vie et la mort

Il y a plusieurs raisons pour lesquelles BDE vaut la peine d'être vu. Sur scène : François Beukelaers, l'un de nos plus vieux acteurs encore debout, et les gars de Stray Dogs, qui font de la musique qui oscille entre le jazz, le rock et l'électronique. Les textes sont signés Jeroen Brouwers, qui n'est pas le moins doué pour les jérémiades éloquentes et substantielles. La mise en scène est signée Judith Vindevogel, une habituée des comédies musicales.
L'expérience de mort imminente (EMI) raconte l'histoire d'un vieil homme qui se rend dans sa région natale. Alors qu'il rêve à son premier amour, il est victime d'un accident. Il flotte entre la vie et la mort. Face à la fin, l'homme s'époumone fragilement, la musique féroce explose de vitalité. Et puis il y a deux écrans qui façonnent ce qui ne peut être capturé par les mots et les mélodies. C'est un tourbillon, tous ensemble comme ça. Et même si l'on risque parfois de ne pas voir la forêt pour les arbres, il y a suffisamment de beaux moments pour vous tenir en haleine.

Griet Op de Beeck dans DMM 07/01/12

 

Le film d'une vie ratée

(...) Sans plus attendre, un autre texte de Brouwer a été récemment publié par la maison d'édition et librairie ancienne Demian, écrit pour la compagnie de théâtre Walpurgis, qui l'a utilisé pour créer un spectacle musical multimédia. Mais même sans ce contexte scénique, BDE (expérience de mort imminente) est une œuvre à part entière, d'autant plus qu'elle s'inscrit à nouveau parfaitement dans la grande caisse de résonance de l'œuvre de Brouwer, qui ne cesse de s'étendre. En outre, le design épuré de Jelle Jespers fait de la 'novella' un objet-livre désirable. (...)

(...) NDE est un texte aliénant, parfois froid au cœur, millésime Brewers, mais en même temps une rêverie subtile sur la zone crépusculaire de la mort, capturée dans un langage un peu plus austère que celui auquel il nous a habitués.

Dirk Leyman dans De Morgen le 05/01/12

 

Théâtre : BDE, Walpurgis

Que j'ai eu une chance inouïe", chuchote la voix de basse veloutée de François Beukelaers au début de NDE (near-death experience, expérience de mort imminente). La teneur des mots et le timbre de la voix laissent présager un spectacle intime sur le (dernier) voyage en voiture d'un vieil homme qui se terminera fatalement. La scène austère et sombre avec un sol où les coquelicots dépassent comme des fléchettes confirme ce soupçon. Mais la violence virtuose de la batterie des Stray Dogs (Frederik Meulyzer à la guitare, au violoncelle et à l'ordinateur portable et Koenraad Ecker à la batterie, à l'électronique et à l'ordinateur portable) brise ce soupçon avec brio. Au bout de quelques minutes, le duo musical perce le récit feutré de Beukelaers avec des battements de tambour bien ciblés et des hurlements de guitare astucieux. Meulyzer et Ecker suscitent à plusieurs reprises l'étonnement du public par la composition étonnante avec laquelle ils pimentent cette NDE (Near Death Experience).

Mais ce "wow" ne s'applique pas à l'ensemble de la création. En effet, les rythmes se frottent trop l'un à l'autre au lieu de se compléter réellement. Il manque quelque chose dans l'apport de Karen Dick & Diederick Nuyttens, les deux artistes visuels. Ils mélangent les images en direct pendant le spectacle. Leur flux d'images abstraites à gros grain est un peu trop kaléidoscopique et ne parvient qu'occasionnellement à se fondre dans un enchevêtrement fascinant avec le texte narré et la musique. Les deux artistes s'enlisent dans l'illustration trop unilatérale de certaines phrases et scènes. Dans les moments où des images plus sobres et concrètes, des plans plus longs sont choisis et où le duo s'aventure aussi dans des effets de lumière surprenants, l'image, le mot et la musique se fondent dans un ensemble intriguant, chatoyant d'émotion et de poésie. Ces moments sont trop rares.

L'expérience de mort imminente (EMI) est une "expérience presque puissante". La puissance musicale inventive de Stray Dogs, l'or littéraire de Jeroen Brouwers, la voix chaude et le jeu étrangement sobre et feutré de François Beukelaers, les effets de lumière des plasticiens, tout cela constitue des éléments de qualité, extrêmement divers, que la metteuse en scène Judith Vindevogel n'a pas réussi à empiler en un tout cohérent. Ce sont des éléments de qualité, extrêmement divers, que la metteuse en scène Judith Vindevogel n'a pas réussi à empiler en un tout cohérent. Au contraire, les extrêmes créent une ligne de fracture tout au long du spectacle. Dommage.

Els Van Steenberghe dans Knack online le 10/01/12

 

Walpurgis avec NDE : une confrontation multidisciplinaire de la vie et de la mort imminente

Vivre est en phase terminale, c'est ce que dit Jeroen Brouwers dans BDE bijnadoodervaring, un texte qu'il a écrit pour le théâtre musical Walpurgis. La mort et la mort imminente occupent une place prépondérante dans de nombreux livres de Brouwers, et ces notions continuent d'envoûter les créateurs de théâtre. Rappelons la remarquable production Bezonken Rood, également un texte de Brouwers, que Dirk Roofthooft a présenté en plusieurs langues et pays, et plus récemment Adem de Kris Cuppens (Braakland/Zhebilding).

L'imbrication de la musique, de l'image et du texte ne s'avère cependant pas toujours optimale. En tant que texte de lecture, NDE near-death experience est une contemplation profonde ; en tant que texte de théâtre, par contre, c'est une tâche lourde, qui relâche l'attention. Pour la mise en scène, Judith Vindevogel peut compter sur la forte présence de François Beukelaers. Dans sa posture majestueuse, ses mouvements mesurés et sa maîtrise de la voix, il incarne un homme confronté à des flashs remarquables de sa vie après un accident de voiture. Le texte permet peu de variations : Beukelaers est la victime raidie et impassible qui séjourne temporairement dans le no man's land de la mort imminente, par lequel l'esprit accède à l'intuition et à la compréhension.

En face de ce personnage et de cette situation froide, il y a l'évocation d'une existence sonore et picturale. Le monde est rempli de sons et de bruits et d'une succession d'images et de lumières. Par conséquent, l'apport musical et visuel produit des effets de choc. Le gavage électronique à la batterie et à l'ordinateur portable de Frederik Meulyzer et les vibrations correspondantes à la guitare, au violoncelle et à l'ordinateur portable de Koenraad Ecker (tous deux de Stray Dogs) ne créent pas seulement une atmosphère, mais sont de véritables interventions dans une juxtaposition constante d'une vie vibrante omniprésente et de la noirceur d'une mort solitaire possible.

Dans ce contraste, les mots doivent nécessairement céder la place à la musique. Même les cinématiques de Karen Dick et Diederick Nuyttens ne parviennent pas toujours à résister aux vagues du flux sonore. De temps en temps, une image s'attarde, mais il n'y a pas assez d'interaction et de contre-performance entre les différentes disciplines pour captiver pleinement. D'un autre côté, c'est précisément cette discordance qui renvoie à la maladie de la vie : la nostalgie de l'utopie d'une vie tranquille et paisible perturbée par l'imprévisibilité d'une existence de plus en plus complexe, où le malheur est possible à chaque coin de rue.

Vouloir y répondre de manière pluridisciplinaire revient à se lancer dans une quête avec tous ses risques. Un défi pour Walpurgis, avec un peu trop d'audace.

Roger Arteel sur Theatremaggezien.be le 03/02/12

 

WALPURGIS donne vie au livret de Jeroen Brouwers

Bruxelles - Dans BDE (near-death experience) de Jeroen Brouwers, la compagnie de théâtre musical WALPURGIS ne craint pas les contrastes : entre jeunes et vieux, entre misanthropie et tendre beauté

La directrice artistique Judith Vindevogel fait dialoguer la mort avec la vie qui lutte avec acharnement, interprétée par le son électrisant de Stray Dogs (Frederik Meulyzer et Koenraad Ecker), quelque part entre le post-rock, le jazz et l'électronique.
Le texte de Brouwers est dépouillé de toute anecdote personnelle, il n'en reste que l'essentiel : un homme âgé, réfractaire à la société, est ramené au commencement par l'imminence de la fin. Il se retrouve sur une autoroute menant à sa région natale, poussé par le mal du pays. Plus qu'un voyage physique, c'est un voyage mental qu'il entreprend, évaluant impitoyablement la voie qu'il a empruntée.
François Beukelaers est discret et fragile sur scène, tandis que les garçons de Stray Dogs font battre le cœur entre et sous ses mots. Et puis il y a les deux écrans sur lesquels le duo de vidéastes Karen Dick et Diederick Nuyttens déploie ses collages visuels vitaux. Ils ont la tâche ingrate de raconter ce que la musique et les mots n'ont pas encore dit, mais ils s'enlisent trop souvent dans l'illustration symbolique : les formes sombres sont les ombres sur le Styx, un lever de soleil est une naissance.
Vindevogel a essayé de donner aux trois médias leur propre puissance narrative, mais la pratique du spectacle vivant oblige à une recherche constante d'équilibre. Néanmoins, l'effet de contraste ne manque pas sa cible. Brewers nous rappelle que nous sommes tous en permanence dans un état de mort imminente, mais la férocité musicale de NDE vise la résistance.

Evelyne Coussens dans De Morgen le 08/12/11

 

(L'AVANT-PREMIÈRE)
NDE (expérience de mort imminente)

À quoi sert toute cette escalade si tout mène inévitablement à une coupe d'un mètre soixante-dix, au plus profond des boutons d'or et des coquelicots", s'interroge l'homme en EMI (expérience de mort imminente). Une pensée sombre sous la plume de Jeroen Brouwers, qui a écrit le texte de la comédie musicale WALPURGIS.

Pourquoi le choix de Jeroen Brouwers ?
JUDITH VINDEVOGEL : Je savais que Brouwers voulait être musicien. Lorsque je lui ai suggéré qu'il écrivait des textes comme un compositeur écrit de la musique, il a fini par accepter. Il joue avec les mots, les sons et le rythme, ce qui est également évident dans BDE. Connaissez-vous le Winterreise de Schubert dans la merveilleuse interprétation du compositeur allemand Hans Zender ? C'est elle qui a inspiré Brouwers : la nouvelle est son voyage hivernal existentiel.

François Beukelaers, votre acteur principal de 73 ans, est entouré d'antagonistes très dynamiques.
VINDEVOGEL : Nous aimons la façon non conventionnelle dont le duo musical Stray Dogs traite sa musique - il travaille son violoncelle avec un marteau, par exemple. De plus, ces deux-là ont un énorme charisme sur scène et la couleur de leur musique complète la couleur et le rythme des paroles.

Et vous avez également invité les jeunes à se livrer à la violence cinématographique ?
VINDEVOGEL : Nous avons estimé que la musique seule n'était pas suffisante comme contrepartie, c'est pourquoi nous avons fait appel au couple de réalisateurs Karen Dick et Diederick Nuyttens. Ils jouent également en direct sur les mots de François Beukelaers pendant le spectacle, comme s'ils étaient des musiciens visuels. Leurs images peuvent suivre, compléter ou contredire le texte. Ensemble, tous ces acteurs forment un ensemble de musique de chambre : film, chant et musique font ainsi presque partie de la même partition.

Els Van Steenberghe dans FOCUS Knack online le 30/11/11

 

(...) Au cours de l'été 2008, l'écrivain et essayiste néerlandais Jeroen Brouwers (°1940), mandaté par la compagnie théâtrale flamande Walpurgis, a couché un texte sur le papier et l'a intitulé BDE / Near-death experience (expérience de mort imminente). D'une certaine manière, ce titre est trompeur. Et pourtant, dans un autre sens, il ne l'est pas. Je m'explique...
Brouwers parle bien - avec l'imagination et les compétences linguistiques qui lui sont propres - de phénomènes psychiques peu communs survenus dans une situation extrême, mais son récit n'est pas celui d'une NDE "classique" telle que décrite par Pim Van Lommel et Raymond Moody - et encore moins d'une expérience qui ferait référence à une vie après la mort.
Lorsque Brouwers évoque une NDE "classique" (et en décrit les caractéristiques au passage), son opinion sur le sujet est courte et tranchante : "souriez-en" ! Et sur la perspective d'une vie après la mort, il remarque avec mépris : "Selon certains voyants, le corps meurt pour retourner à l'herbe, mais l'esprit vit dans l'éternité. Quelle idée répugnante ! Une survie éternelle sans corps, en pleine conscience, mais sans notion de temps, il ne faut pas l'imaginer si l'on veut pouvoir encore dormir tranquillement sur terre !
Pourtant, le texte de Brewer parle bel et bien d'une expérience de mort imminente - au sens propre du terme. Le narrateur à la première personne (un homme âgé qui s'appelle Frederik Beaumors) se rend en voiture à Terduyn, sa ville natale. Alors qu'il vient de quitter l'autoroute et qu'il est presque arrivé à destination, il entre en collision avec un conducteur fantôme : un accident terrible ! "Vous avez eu de la chance", lui dit la policière qui le sort de l'épave. Et en effet : Fred Beaumors a survécu, mais il aurait pu aussi être mort, il a donc failli mourir.
Dans un autre sens encore, il existe une expérience de mort imminente qui ne nécessite pas d'accident ou d'arrêt cardiaque. C'est celle à laquelle nous sommes tous confrontés chaque jour : notre vie, qui, comme l'a si bien dit Heidegger, est un Sein zum Tode. Brasseurs : "Après tout, chacun est en permanence un peu mort, un peu plus chaque jour, la vie est une maladie terminale et le matin on ne sait pas si on passera la nuit, la seule certitude qu'offre la vie c'est la fosse ou le feu, l'herbe ou les cendres...".
Au texte de Brouwers, les membres du théâtre musical anversois Walpurgis ont ajouté de la musique (jouée en direct) et des images (projetées). "Ajouté" n'est pas le mot juste : "nous ne voulions pas faire une bande sonore ou des images qui parlent, mais une composition dans laquelle le texte, la musique et les images dialoguent comme des voix égales".
À mon avis, ils y sont parfaitement parvenus. Ma femme et moi avons assisté à la représentation de Walpurgis du BDE le 6 janvier de cette année (2012) et ce fut une autre véritable expérience théâtrale ! Pendant un instant, j'ai eu l'impression que c'était le théâtre tel que les Grecs anciens, ses inventeurs, l'avaient conçu : une réflexion sur la décondition humaine, sur l'essence de l'existence humaine - et pas dans la solitude de l'étude, mais avec un public.
Tout dans le spectacle était fort : le texte de Brouwers, la performance de François Beukelaars, les décinématiques (images) de Karen Dick et Diederick Nuyttens, et certainement la musique de Frederik Meulyzer et Koenraad Eckers (qui s'appellent The Stray Dogs en tant qu'interprètes).
Cette musique, oui, mais de quel genre s'agit-il ? "Frederik et moi nous sommes rencontrés à l'école de jazz de l'Institut Lemmens et avons formé un groupe avec quelques étudiants", explique Koenraad Eckers dans une interview. "Lorsque nous avons commencé à développer notre propre style, nous sommes sortis du circuit du jazz parce que nous étions trop électroniques et pas assez jazzy. Mais d'un autre côté, pour les autres scènes comme la danse, nous étions trop expérimentaux et pas assez dansants. Nous nous sentions comme des chiens errants, des chiens des rues, qui n'avaient nulle part où aller". Eh bien, j'ai été impressionné, à la fois par la musique, que j'appellerai le terme peu significatif d'avant-garde, et par leur performance !
Le fait que le texte, la musique et l'image forment un ensemble aussi cool (une véritable Gesamtkunst, pas de tautologie) peut, je suppose, être attribué à la metteuse en scène Judith Vindevogel, ancienne chanteuse d'opéra, puis fondatrice et inspiratrice du théâtre musical Walpurgis. Dans la brochure de la saison 2011-2012 de sa compagnie, elle déclare : "Je veux que l'on puisse découvrir, expérimenter, être touché et ému. Je ne m'intéresse pas à l'or de Colomb ou de Gama, mais à la richesse inépuisable de l'imagination. Je veux entendre des histoires et toujours apprendre, apprendre et apprendre encore". Oui, si l'on est ainsi dans la vie, on peut être un peu moins près de la mort.

Frans Wollebrants sur son blog Sand in your hand le 20/01/12

Tant qu'ils me le demanderont, je continuerai à travailler

L'acteur François Beukelaers (73 ans) ressent le souffle de la mort dans "NDE".

Hasselt - La voix de basse chaude et reconnaissable de François Beukelaers est un régal pour l'oreille. L'acteur, un vieil ami du circuit théâtral et des séries télévisées telles que " Katarakt ", " De Smaak Van De Keyser " et " Ella ", peut jouer en solo dans le spectacle " BDE " (Near Death Experience) de la troupe de théâtre musical Walpurgis. Le monologue est basé sur un texte écrit par Jeroen Brouwers, et est soutenu par des séquences vidéo et de la musique du duo électronique post-rock Stray Dogs. Le centre culturel C-Mine de Genk accueille la première de "BDE".

Un homme âgé est victime d'un accident de voiture. Son expérience de mort imminente le fait réfléchir sur sa vie passée. "Il sent le souffle de la mort, qui sent le mazout, lui frapper le visage", explique l'acteur François Beukelaers. "Il est dans la huitième décennie de sa vie. À travers cet accident, une certaine conscience s'installe, qui lui fait faire le bilan de sa vie. Le constat est plutôt amer : l'homme a surtout été contrarié dans sa vie, par l'humanité intégrale et par lui-même. Ce n'est pas optimiste, mais pénétrant, tranchant. Il va loin dans l'analyse de sa vie. En fait, il pense qu'il s'agit d'un grand désastre.

Retraité

Selon Beukelaers, son personnage n'est cependant pas triste. "Cet homme ne se contente pas de rester assis et de se plaindre, ce n'est pas un vieux râleur. Il essaie vraiment de comprendre ce qu'est la vie. Il n'a jamais trouvé d'éclaircissement sur ce qu'il devait faire maintenant, lui qui est si peu présent sur le globe. Que faisons-nous ici ? Pourquoi nous comportons-nous de manière si étrange ? Pourquoi nous engageons-nous dans des choses telles que l'"ambition", alors qu'en fait nous finissons tous de la même manière ? C'est à ces questions qu'il tente de trouver une réponse.

Beukelaers a lui-même 73 ans, tout comme son personnage dans la huitième décennie de sa vie. "Je n'ai rien à voir avec mon personnage", pense-t-il. "Même si son discours me touche. Je pense que chacun devrait creuser pour lui-même et essayer de comprendre ce qu'il fait avec ce qui lui est offert dans la vie." La plupart des collègues de M. Beukelaer profitent de leur retraite depuis plusieurs années. "Je suis effectivement à la retraite", reconnaît l'acteur. "Mais je peux continuer à jouer. Tant qu'on me le demandera, je continuerai à travailler. Et ma femme est d'accord avec tout cela, oui (rires).

Coup du lapin

BDE" a été inspiré par un texte écrit par Jeroen Brouwers, originaire de Zutendalen. Judith Vindevogel, propriétaire de Walpurgis, a dû faire preuve de patience avant de pouvoir mettre en place une collaboration avec l'auteur. "Il y a quelques années, nous avons eu plusieurs conversations et nous avons aussi beaucoup correspondu", raconte-t-elle. Un jour, j'ai reçu une lettre : "Chère Judith, j'écris un texte pour toi". Et j'ai fait un saut dans le vide (rires)".

Le thème, une expérience de mort imminente, a finalement été choisi par Brewers lui-même : "Au cours de nos conversations, ce thème est apparu", explique Vindevogel. "Nous avons tous deux eu un grave accident de voiture. Nous avons eu la même surprise : au moment où l'accident se produit, on se laisse totalement aller. On se résigne à ce qui arrive : "Alors, ça y est, je vais mourir". C'est peut-être cette résignation qui vous permet de vous en sortir sans trop de dommages. Ma voiture était détruite à l'époque, mais je m'en suis sorti indemne. Je n'ai même pas eu le coup du lapin".

An Smets dans Belang van Limburg le 23/11/11

 

Jeroen Brouwers a écrit la scène de mort la plus obsédante

La scène de mort de "Datumloze dagen" de Jeroen Brouwers a été élue scène de mort la plus obsédante de la littérature mondiale par les lecteurs de De Standaard et les auditeurs de Radio 1.
L'émission Joos de Radio 1 s'est associée à De Standaard der Letteren pour rechercher la scène de mort la plus envoûtante de la littérature mondiale. La mort est un élément essentiel du roman", explique Karel Verhoeven, le journaliste de De Standaard qui a été choisi comme expert avec le poète Maarten Inghels. Elle devient particulièrement intéressante lorsqu'il s'agit d'amour".

Dix scènes ont été nominées. La troisième place revient à la mort de Juliette dans Roméo et Juliette de William Shakespeare. La deuxième place revient à The Shards of Justice de A.F.Th. Van der Heyden, qui décrit la mort du fœtus dans le ventre de l'actrice assassinée Sharon Tate.

La première place revient à la scène de mort de Datumloze dagen de Jeroen Brouwers, dans laquelle un père met fin aux souffrances de son fils en phase terminale. Ce n'est pas un hasard si Jeroen Brouwers est récompensé le 1er novembre. La mort est omniprésente dans son œuvre", a-t-il ajouté.

La scène primée :

Shalom, Nathan, je soulève sa tête légère comme un ballon de plage et je retire un oreiller de dessous. Après avoir, pour la deuxième fois, caressé son œil qui s'est à nouveau ouvert comme par l'action d'un petit ressort - une boîte avec une pierre bleue à l'intérieur, qui me regarde - j'appuie, j'appuie de toute ma gravité l'oreiller sur son visage, pendant des minutes.

Quinze, quatorze, treize, Nathan boy, je suis tellement désolé, toute ma vie, tout désolé, pour toi, pour moi, douze, onze, dix, neuf, j'avais choisi un autre père après tout.

Katrijn Van Giel dans Het Nieuwsblad 1/11/11

 

Public

Chère Judith, cent fois bravo ! Amour. - Jeroen Brouwers

 

Saisi par les mots. Toujours surpris par la musique. Merveilleuse interprétation. - Karen

 

Toujours surprenants, les textes de Jeroen Brouwers ! Impressionnant ce que vous en avez fait ! Félicitations à tous ! - Jan

 

Le silence du crash a complété la surprise et la beauté. - Werner

 

Bel équilibre entre les paroles et la musique. Chaque phrase est un délice. - Kaat Vrancken

 

J'ai encore devant moi l'image de cette jetée avec deux petits garçons agités et un adulte silencieux. Dans cette image, la vie est ralentie à une attente forcée, alors que dans le texte, elle semble se terminer si brusquement et à toute vitesse. La vie à tout moment comme une expérience de mort imminente. - René Molhoek

 

L'indicible est dit, l'impensable est pensé. Une évocation profondément vécue autour du thème universel de l'impermanence. Cela reste obsédant. - Nicole

 

Rien de moins que brillant ! Un excellent début pour 2012... - Edwin

 

C'est une performance que l'on subit et à laquelle on se soumet. SUBLIEM ! - Moniek

 

Félicitations à Jeroen Brouwers, Judith Vindevogel, François Beukelaers (belle articulation d'un texte pénétrant), Stray Dogs (tantôt minimaliste, éthéré, tantôt brutalement conflictuel) et le duo de cinématiques (la composition de l'imagerie est magnifiquement intégrée). Une performance envoûtante. Impressionnant. - Gilbert, ancien professeur du RITS

 

Je ressens encore tous les jours les effets de cette performance, qui a été délivrée de manière obsédante, les paroles, le contenu ont été transmis de manière très expérimentale. (...) - Kris

 

Un spectacle qui oblige à réfléchir après coup. Merci, Walpurgis, vous avez réussi à nous toucher.Club de lecture Kalliope

 

Profondément impressionné ! - Hilde & Maggy

Les médias